L'Orient ancien

Histoire 6e

L’ORIENT ANCIEN



 

I) Les transformations de l’Orient ancien au Néolithique


La Préhistoire commence avec l’apparition des premiers Hommes (vers – 3 000 000) et se termine avec l’invention de l’écriture (vers – 3 300).

Le Néolithique est la dernière période de la Préhistoire, ou « âge de la pierre polie ». Elle se situe entre – 8 000 (ou – 10 000) et - 3 000.


En Orient, pendant le Néolithique la vie des Hommes se transforme profondément. Ils commencent à avoir des habitations fixes (ils deviennent « sédentaires ») et à cultiver la terre : c’est le début de l’agriculture, qui naît en Mésopotamie vers - 8000.


Les premières plantes cultivées sont les céréales (blé, orge) qui ont permis de faire du pain.

Les premiers animaux domestiqués sont les moutons, les chèvres, les porcs et les bœufs.




Tableau des transformations de la vie des Hommes du Paléolithique au Néolithique.



Paléolithique

Néolithique

Nourriture

Chasse, cueillette

Agriculture, domestication des animaux

Habitat

Nomadisme

Sédentarisation (maisons, villages)

Les principaux changements dans la vie des Hommes au Néolithique :

 

-          Construction des premières maisons.

-          Création des premières villes et des premiers villages dans le Croissant fertile.

-          Invention de nouveaux outils pour cultiver la terre : houe, faucille, araire, ou pour écraser les grains pour en faire de la farine (meule).

-          Fabrication de vases en céramique, de tissus, d’objet en métal (le cuivre, le bronze, puis le fer).

-          Élévation de monuments formés de gros blocs de pierre : les mégalithes (dolmens, menhirs) qui avaient sans doute une fonction religieuse. 

-          Naissance des premières croyances religieuses et des premiers cimetières.


La vie des Hommes connaît d’autres changements importants au Néolithique :

-          naissance des premiers villages et des premières villes dans le Croissant fertile

-          invention de nouveaux outils : par exemple la faucille pour couper le blé ou la meule pour moudre le grain

-          naissance des premières croyances religieuses et des premiers cimetières




II) La naissance de l’écriture dans l’Orient ancien


Exercice / Recherche personnelle : Rechercher quelles sont les étapes de la naissance de l’écriture au début de l’Histoire.


1) L'écriture naît au IVe millénaire avant J.C. en Mésopotamie (vers – 3 500 ou – 3 300).

Cette écriture est d’abord faite de petits dessins appelés pictogrammes puis elle devient cunéiforme, c’est-à-dire constituée de signes en forme de clou (cuneus en latin) et de coin. L'invention de l'écriture marque la fin de la préhistoire et l'entrée de l'homme dans l'histoire.

Remarque : les plus anciennes écritures ont été découvertes à Uruk (Erech dans la Bible), l’une des plus grandes métropoles de la civilisation de Sumer.


2) Vers – 3 100 apparaît un nouveau type d’écriture en Égypte : les hiéroglyphes (ou « écritures sacrées »).


3) Les caractères chinois, ou sinogrammes, apparaissent au milieu du IIe millénaire avant J.-C. sous forme d’écrits divinatoires.


4) Les Phéniciens créent le premier alphabet vers - 1 200.


5) Cet alphabet est ensuite repris et transformé par les Grecs (alphabet grec) puis par les Romains (alphabet latin : notre alphabet actuel).



Rechercher des exemples de lettres issues des premières écritures

 

- Pictogrammes - Écriture cunéiforme (Mésopotamie, IVe millénaire) – ex. de signe :

- Hiéroglyphes (Égypte, IVe millénaire) – ex. de signe :

- Alphabet phénicien (Phénicie, vers -1200) – ex. de signe :

- Alphabet grec (Grèce, Ier millénaire) – ex. de signe :


L'invention de l'écriture marque la fin de la préhistoire et l'entrée de l'homme dans l'histoire.

Elle sert d’abord à compter les récoltes, à honorer les dieux, à écrire les lois (code d’Hammourabi, roi de Babylone, au IIe millénaire), à organiser le gouvernement des États et à communiquer entre les Hommes.
Tableau de révision sur les premières écritures


Région ou pays

 

Mésopotamie (Sumer)

Égypte

Phénicie

Nom de l’écriture

 

Écriture cunéiforme

Hiéroglyphes

Alphabet

Date d’apparition

 

- 3 300

- 3 100

- 1 300

Exemple de signe






III) La naissance des premières civilisations et des premiers Etats : l’exemple de l’Egypte


Avec la naissance de l’agriculture et de l’écriture dans l’Orient ancien, sont nés les premiers Etats.

Un Etat est constitué de trois éléments :

-          Un territoire,

-          contrôlé par une autorité politique, un gouvernement

-          qui dirige une population


A) L’Etat égyptien est né du Nil


- L’Etat égyptien s’est formé au Nord-Est de l’Afrique, traversé par un grand fleuve appelé le Nil.

- La civilisation égyptienne, qui est l’une des plus anciennes du monde, nous a laissé des témoignages exceptionnels, comme le Sphinx de Gizeh, qui attirent aujourd’hui des millions de touristes.

- L’Histoire de l’Égypte ancienne se situe entre le IIIe et le Ier millénaire avant J.-C.

- On distingue trois époques : l’Ancien Empire (naissance de la civilisation égyptienne avec l’invention des hiéroglyphes et la construction des pyramides), le Moyen Empire et le Nouvel Empire (époque du pharaon Ramsès II).


 


Comprendre : le Nil est au centre de la vie des Egyptiens


1) Toute la vie des Égyptiens est organisée autour du Nil.

Le Nil est un long fleuve (plus de 6 600 km) qui traverse l’Égypte du Sud au Nord. Il est entouré de désert et de quelques oasis. Dans sa vallée les terres sont fertiles. Au Nord il y a la Basse Égypte (avec le delta du Nil) et au Sud il y a la Haute Égypte (vers le désert).

La région marécageuse du delta est riche en gibier d’eau, en poissons et en papyrus.

Le papyrus est une plante des bords du Nil transformée en feuille pour écrire (sa tige est découpée en bandes étroites, assemblées par collage).


En raison de son importance, le Nil est considéré comme un dieu (nommé Hâpy) par le peuple égyptien. Les premiers Etats, comme l’Etat égyptien, se sont formés pour contrôler l’eau (alimentation, irrigation) et la répartition des fruits de la terre.


2) Chaque année, de juillet à octobre, le Nil est en crue : il déborde de son lit et rend la terre fertile en déposant de la boue (appelée le limon) dans sa vallée. Le Nil permet donc de pratiquer l’agriculture alors que l’Égypte se trouve dans une région chaude et aride.


3) Lorsque la terre est fertilisée, après la crue du Nil, les paysans égyptiens, qui forment la majorité de la population, préparent les champs d’octobre à février : ils labourent la terre et sèment les graines. Ils pratiquent l’irrigation, c’est-à-dire qu’ils creusent des canaux pour conduire l’eau du Nil vers les champs. En mai-juin ils récoltent le blé puis séparent la paille du grain.


Les paysans égyptiens cultivent des céréales (blé, orge), des légumes et du lin, qui leur sert à fabriquer des vêtements. Leurs outils pour cultiver sont la houe (pioche pour remuer la terre), l’araire (charrue) et la faucille (pour couper les céréales).

Ils doivent payer de lourds impôts à l’Etat, dirigé par Pharaon, qui possède la terre.


B) Le pharaon, maître de l'Égypte


Comprendre la place du pharaon en Égypte

 

1) Le pharaon est le souverain tout puissant de l’Égypte ancienne, il est au sommet de la société égyptienne. Il est considéré comme un dieu sur terre, fils de Râ (ou Rê), dieu du soleil et descendant du dieu Horus. A la fois homme et dieu, il doit garantir l’équilibre entre les éléments de l’univers (chaque jour il fait une offrande à la déesse Maât pour maintenir cet équilibre).

De lui dépendent la crue du Nil et le lever du soleil.

Le pharaon règne sur la Basse et la Haute Égypte (il porte une double couronne).


Son nom est inscrit dans un cartouche (cordon sacré symbolisant l’univers).


La puissance de l’Etat pharaonique lui vient du contrôle de trois éléments essentiels :

- la terre et les réserves de nourriture

- l’écriture sacrée (les hiéroglyphes) qui permet d’honorer les dieux

- l’architecture qui permet d’élever des monuments grandioses (les colosses, les pyramides et les obélisques [n.m.] qui symbolisent le lien entre le monde des dieux et le monde des Hommes)


Origine du mot Pharaon : version grecque de la Bible (Genèse, XII, 15) « Faray » (Pharao) ; transcription hébraïque du mot égyptien per-aâ (« la Grande Maison »).                                                


2) Sur le sarcophage (ou cercueil) du pharaon Toutankhamon sont représentés les différents symboles de son pouvoir :

- la déesse vautour Nekhbet et le serpent Uraeus le protègent

- le bâton (sceptre) et le fouet symbolisent la puissance royale

- sa fausse barbe (ou « barbe postiche ») symbolise son immortalité

- sa coiffure royale est appelée le némès


3) Malgré son pouvoir illimité le pharaon ne peut pas gouverner seul. Son principal ministre est le vizir et il est entouré d'une administration formée de fonctionnaires (personnes qui travaillent pour l’État). Parmi ces fonctionnaires, les scribes sont chargés de mettre par écrit les ordres du souverain. Les scribes forment un groupe privilégié car ils sont les seuls à savoir lire et écrire.

 


C) Les croyances égyptiennes


1) Les égyptiens ont une religion polythéiste : cela signifie qu’ils croient que le monde est habité par de nombreuses divinités comme :

- Amon-Rê, dieu du Soleil et de Thèbes (principal dieu)

- Horus, dieu faucon ancêtre des Pharaons, fils d’Isis d’Osiris

- Isis, déesse de la fertilité

- Osiris, dieu des morts

- Anubis, dieu chacal de la momification

- la déesse du ciel Nout

- et le dieu de la Terre Geb

- Imhotep, ancien architecte d’un Pharaon, devenu maître des scribes et dieu guérisseur

- Maât, déesse de la justice, de l’ordre et de la vérité.


2) Un mythe est un récit légendaire qui explique des phénomènes naturels et humains. Le mythe d’Osiris raconte comment le dieu des morts, coupé en morceaux par son frère Seth, a été ressuscité par sa femme Isis qui l’a entouré de bandelettes. C’est ainsi qu’est née la pratique de la momification. Les Égyptiens sont en effet persuadés que le pharaon peut renaître si son corps est conservé intact en devenant une momie.
3) Les Égyptiens honorent leurs dieux par des prières et des offrandes (dons). Les statues des dieux sont abritées dans des temples, où seuls le Pharaon et les prêtres peuvent entrer.

Exemple : les temples d’Amon à Karnak ou d’Horus à Edfou.

Pour les Égyptiens anciens le Pharaon doit honorer les dieux pour chasser les forces du mal et assurer l’équilibre entre les trois éléments du cosmos (univers) : les hommes, les dieux et la nature.


D’autres monuments servent à relier le monde des Hommes et le monde des dieux : les pyramides et les obélisques.

Plusieurs types de tombeaux ont été construits.

- Les mastabas.

- La pyramide à degrés (celle de Djoser à Saqqarah).

- Les pyramides comme celle du pharaon Khéops à Gizeh (146 mètres de hauteur).

- Les tombeaux souterrains (ou hypogées) de la « Vallée des rois », comme celui de Toutankhamon.





Démarche

Etude d’un site mésopotamien : Uruk



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